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lundi, 08 octobre 2018 00:00

La bioéthique est mal partie

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La bioéthique est mal partie

Sur un sujet aussi grave, je n’irai pas par quatre chemins. Je suis consterné par le contenu de l’avis 129 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur la révision des lois dites bio-éthiques. Et, malgré ma sympathie pour Marion Muller-Colard et mon respect pour son talent littéraire, je suis en désaccord avec sa présentation « optimiste » dudit avis – je pense à ses réponses (embrouillées) aux questions d’Olivia Elkaim parues sur le site Lavie.fr le 27 septembre.

En réalité, pris un à un, les 40 membres du CCNE (créé en 1983 par François Mitterrand) sont estimables, mais ils continuent à céder du terrain sur la question des limites : recherches sur les cellules-souches embryonnaires, conservation des ovocytes, extension de la PMA, etc. Au nom du « progrès » et de la compétence des scientifiques, le CCNE se rallie ainsi une fois encore aux désirs du pouvoir. Ce dernier a d’ailleurs choisi et nommé chacun de ses membres, en février 2016 – les désaccords et objections sont de facto passés sous silence. Je pense aux réticences de ma consœur Dominique Quinio, ancienne directrice de La Croix et présidente des Semaines sociales de France. Elle note que les propositions ont été passées en revue de manière très rapide car « le temps (leur) était compté ». Elle ajoute qu’il restait « de lourdes questions éthiques à traiter ». Les réflexions du philo-sophe Pierre Le Coz – qui sait de quoi il parle, puisqu’il fut vice-président dudit comité – sont plus sévères encore : « À quoi sert le CCNE s’il n’est que le porte-voix de l’idéologie dominante ? »

C’est bien la question. Elle ne date pas d’hier. J’ai sous les yeux un texte de l’historienne Nadine Fresco, qui a beaucoup travaillé sur la Shoah et l’antisémitisme. Dans cet article publié le 16 décembre 2000 dans Libération, elle compare le CCNE à un « jardin d’acclimatation » qui permet de familiariser les citoyens avec le nom des transgressions bioéthiques, de sorte qu’au bout du compte elles seront acceptées sans coup férir. C’est bien ce qui se passe sur la durée.

  Source: lavie.fr

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