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mardi, 25 septembre 2018 00:00

PMA sans père : le CCNE se perd

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Les états généraux de la bioéthique menés du 18 janvier au 7 juillet 2018, ont révélé l’extrême préoccupation des citoyens à propos des questions de filiation et l’attachement d’une très large majorité de la société civile au respect des droits de l’enfant.

La levée de l’anonymat des donneurs de gamètes a aussi bien souvent été réclamée par les jeunes adultes nés au moyen d’une Insémination Artificielle avec Don de sperme (IAD). « Connaître ses parents et dans la mesure du possible être élevé par eux » est l’un des droits de l’enfant le plus réaffirmé également par les associations auditionnées par le CCNE, au nom de l’intérêt supérieur des enfants.

Le rapport définitif du Conseil Consultatif National d’Ethique aurait dû prendre en compte de telles doléances citoyennes qui rejoignaient d’ailleurs les avis formulés par le CCNE lui-même en novembre 2005 : « L’ouverture de l’AMP à l’homoparentalité ou aux personnes seules ouvrirait de fait ce recours à toute personne qui en exprimerait le désir et constituerait peut-être alors un excès de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif. La médecine serait simplement convoquée pour satisfaire un droit individuel à l’enfant ».

Mais le CCNE s’est manifestement perdu dans une réflexion plus politique qu’éthique. Il a cherché à relativiser et minimiser l’expression citoyenne. A une époque où la technique permet de dissocier procréation, sexualité, filiation, le bien de l’enfant est pour le moins bousculé par toutes ses dissociations où la priorité semble donnée à la notion récente de « projet parental » au détriment de l’enfant lui-même. D’ailleurs en ne voyant même pas d’inconvénient à la mise en œuvre de PMA « post mortem » (avec le sperme d’un homme décédé), quel « projet » de vie proposera-t-on aux enfants qui naîtront ainsi ?

Nous attendions du CCNE un écho sincère, authentique et éthiquement respectueux des opinions qui se sont majoritairement exprimées durant les états généraux de la bioéthique. Nous attendions du CCNE une réflexion éthique qui sache éclairer l’avenir de manière rassurante et sage, mais il n’en est rien. Toutes les inquiétudes demeurent : l’éloignement de la médecine de ses missions premières, la marchandisation du corps humain, la concurrence des dons de spermes (à peine suffisants aujourd’hui, ce qui obligerait les praticiens à trancher entre les demandes destinées à pallier une infertilité d’origine pathologique et les demandes sociétales pour une ou deux femmes), et de surcroît la mise au monde d’enfants qui n’auront, dans leur histoire, aucun père identifié, ni biologique, ni « social ».

Le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine en appelle au Président de la République afin que les états généraux de la bioéthique ne finissent pas en un simulacre d’écoute de la société civile venu s’échouer dans les sables mouvant d’intérêts partisans mais qu’ils constituent un rendez-vous citoyen solidement amarré sur le respect des droits des enfants.

Dernière modification le mardi, 25 septembre 2018 11:52
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